Bertrand Vignal. La vallée de la chimie verte à Lyon. 31.03 / 18h00

Nous aurons le plaisir d’accueillir Bertrand Vignal, Architecte-Paysagiste, Directeur-associé de l’Agence BASE Lyon, le mercredi 31/01 à 18h00.

A la suite du déclin de l’industrie pétrochimique lourde de la vallée du Rhône à Lyon, un vaste projet de reconversion territoriale a été imaginé pour la vallée de la chimie verte à Lyon. Celui-ci s’inscrit dans la dynamique de la troisième révolution industrielle et valorise les compétences locales reconnues. Ainsi est né le projet d’orienter ce territoire vers la « chimie verte ». Cette reconversion est pensée globalement en convoquant d’emblée le « paysage » comme socle essentiel de cette reconversion ainsi que comme base de nouveaux processus industriels. Cette approche a conduit à la notion de paysage productif, où le recyclage de terres s’inscrit dans une dimension paysagère et où les services écosystémiques offerts par la biodiversité sont à la base de traitements et de valorisation des terres en attendant de les réutiliser dans d’autres lieux. Cette dynamique d’économie circulaire appliquée aux sols et aux paysages est très innovante.

La conférence sera donnée en français. Elle prendra la forme d’un Webinaire, accessible en direct de 18h à 20h, via la plateforme Lifesize : https://call.lifesizecloud.com/5747953

Ce webinaire fait partie du cycle annuel de « Conférences Projet Urbain » organisé par l’Université de Liège / Faculté des Sciences Appliquées – Faculté d’Architecture – Faculté des Sciences, la Ville de Liège, la Haute Ecole Charlemagne, le Liège-Labville, For Urban Passion et le GRE–Liège. Il s’inscrit dans le cadre du Master en Urbanisme et Développement Territorial ainsi que dans le cadre du Certificat en Recyclage du Foncier, mis en place par l’ULiège et la Haute Ecole Charlemagne. 

Djamel Klouche. Le projet Five Cail à Lille. 24.03 / 18h00

Nous accueillerons Djamel Klouche, Architecte, co-fondateur de l’Agence AUC, le mercredi 24 mars à 18h, pour une conférence relative au projet Five Cail à Lille.

S’étendant sur plus de 17 hectares au sein de la Métropole lilloise, Five Cail est un ancien site industriel de production de locomotives, ponts et charpentes métalliques. Mandatée par la SEM Soreli, l’Agence AUC s’est appuyée sur la spatialité imprimée par l’implantation et l’ampleur des halles industrielles pour développer un programme de revalorisation ambitieux. Le principe au départ du concours était que « la démolition n’est pas un préalable » à l’intervention et qu’il convenait de révéler les potentialités de chaque partie du site afin d’envisager de nouvelles affectations, dans l’optique de la ville productive. L’héritage industriel se voit ainsi préservé et valorisé par de nouvelles séquences de vie urbaine, par le recyclage des bâtiments, ainsi que par la mise en valeur du bâti. Tout ceci contribue à la création d’espaces publics généreux et de qualité. La reconversion de ce site s’appuie sur un nouveau parc urbain de 7 hectares qui permet d’articuler ce nouveau quartier d’envergure à son contexte urbain. Le projet Five-Cail a été l’occasion pour l’Agence AUC de proposer de nouveaux concepts permettant de combiner spatialement logements et travail, de questionner les notions de densité et ses variations au sein d’un même site.

La conférence sera donnée en français. Elle prendra la forme d’un Webinaire, accessible en direct de 18h à 20h, via la plateforme Lifesize : https://call.lifesizecloud.com/5747953

Ce webinaire fait partie du cycle annuel de « Conférences Projet Urbain » organisé par l’Université de Liège / Faculté des Sciences Appliquées – Faculté d’Architecture – Faculté des Sciences, la Ville de Liège, la Haute Ecole Charlemagne, le Liège-Labville, For Urban Passion et le GRE–Liège. Il s’inscrit dans le cadre du Master en Urbanisme et Développement Territorial ainsi que dans le cadre du Certificat en Recyclage du Foncier, mis en place par l’ULiège et la Haute Ecole Charlemagne. 

Le bassin de la Meuse : des défis écologiques et territoriaux transfrontaliers

Il est indispensable de développer une véritable vision stratégique pour la Meuse si l’on veut fédérer l’ensemble des acteurs autour d’un projet de territoire résilient. Cette vision stratégique doit articuler les quatre principales fonctions du fleuve, écologique, logistique, productive et récréative, autour d’une vision partagée de ville poreuse. Le risque d’inondation lié au changement climatique n’est pas encore suffisamment pris en compte dans les documents d’aménagement du territoire, qu’il s’agisse de Schémas de Développement Communaux (SDC) ou de Schémas d’Orientation Locaux (SOL).

D’une superficie de 35.000 km2, le bassin versant de la Meuse s’étend de la France aux Pays-Bas, en passant par la Belgique et l’Allemagne. Le fleuve et ses affluents ont joué un rôle déterminant dans l’organisation du territoire au sud du pays. Le bassin versant accueille huit des douze grandes villes de Wallonie et près des deux tiers (64%) de la population wallonne. Tout au long du couloir fluvial de la Meuse, se déploie une matrice territoriale, dans laquelle s’imbriquent centres anciens hérités, habitat ouvrier, sites d’extraction, espaces de production et voies de communication (fer et route). Cette matrice territoriale ménage de larges ouvertures vers le cadre paysager de la vallée et connaît une profonde mutation économique, sociale et environnementale suite au déclin de la sidérurgie.

Une gouvernance transfrontalière

Les pays impliqués dans la gestion du bassin versant de la Meuse coopèrent depuis 1994 dans le cadre d’un traité international, signé à Charleville-Mézières. Le 3 décembre 2002, les parties ont signé à Gand un nouveau traité remplaçant celui de 1994. Ce traité est entré en vigueur le 1er décembre 2006 et a donné lieu à la création de la Commission Internationale de la Meuse (CIM).

La mise en place d’une structure de gouvernance transfrontalière s’est appuyée sur la Convention sur la protection et l’utilisation des cours d’eau transfrontières et des lacs internationaux (UNECE, 1992). Cette convention appelle une coopération accrue entre différents États et Régions d’Europe dans un modèle partagé de l’information et des connaissances. Les parties à la Convention s’engagent ainsi à instaurer des programmes de surveillance des eaux transfrontières. Les travaux de la CIM s’inscrivent par ailleurs dans le cadre de la mise en œuvre de la Directive Cadre Eau (2000/60/CE) ainsi que de la Directive Inondations (2007/60/EC).

La question de l’adaptation au changement climatique est particulièrement critique dans un contexte transfrontalier. C’est d’autant plus le cas lorsque les modèles hydrauliques et climatiques utilisés pour calibrer les mesures adoptées en matière de gestion du risque ne sont pas harmonisés entre différentes régions (Kitsikoudis et. al., 2020). Il ressort de l’analyse menée dans le cadre du projet AMICE que l’accroissement du risque d’inondation est substantiel dans les trois pays (Figure 1).

Figure 1. Augmentation du niveau d’eau par rapport au niveau de crue centennale actuel, en tenant compte du changement climatique (scénario pessimiste). Le niveau des crues centennale devrait augmenter de l’ordre de 1.3m entre Sedan et Herstal. (source : Dewals et. al., 2013)

L’augmentation de l’aléa d’inondation en raison du changement climatique est particulièrement marquée en Wallonie. Ceci s’explique par les caractéristiques topographiques des vallées mosanes, plus encaissées qu’en France et aux Pays-Bas, avec moins d’espace pour stocker de grands volumes d’eau dans les plaines inondables. Les fonds de vallée y sont par ailleurs densément construits, ce qui contribue à augmenter le niveau de risque.

La vallée liégeoise particulièrement exposée au risque

Ces modèles nous indiquent par ailleurs que, dans un scénario pessimiste, la Meuse pourrait retrouver son lit originel et inonder une part considérable de la plaine alluviale liégeoise, de Flémalle à Herstal, au cours des 100 prochaines années (Figure 2). Les dispositifs de protection établis à la suite de l’inondation de 1926 avaient été initialement conçus pour une période de retour de 300 ans, mais c’était sans tenir compte du changement climatique.

Figure 2. Zones inondables sur base d’une période de retour de 100 ans dans l’agglomération liégeoise (scénario pessimiste). 1. En vert. Dans les conditions actuelles. 2. En jaune. Dans la perspective du changement climatique à l’horizon 2050. 3. En rouge. Dans la perspective du changement climatique à l’horizon 2100. (source : Dewals et. al., 2013)

Les affluents de la Meuse, et en particulier l’Ourthe, l’Amblève et la Vesdre, sont dès aujourd’hui soumis à un aléa d’inondation important, et ce sans tenir compte du changement climatique. En Province de Liège, 14% des logements sont localisés en zone inondable. La moitié d’entre eux sont localisés dans une zone d’aléa moyen ou fort (Poussard, 2019).

On constate par ailleurs que l’exposition à l’aléa actuel affecte la population de manière assez inégale. Au sein de la Province de Liège, et sur base des cartes d’alea qui ne tiennent pas compte du changement climatique, on observe que ce sont les catégories socio-économiques faibles à moyennes qui sont proportionnellement les plus exposées alors que les populations les plus précaires et les plus aisées sont relativement épargnées.

Ceci s’explique essentiellement par les dispositifs de protection mis en place dans l’agglomération liégeoise entre Flémalle et Herstal. Si ces dispositifs devaient être dépassés en raison du changement climatique, il est fort probable que les inégalités environnementales seraient exacerbées. Les publics les plus précaires seraient alors particulièrement exposés au risque d’inondation.

Quatre fonctions à renforcer et à intégrer

La Meuse remplit quatre fonctions principales, qui se développent de manière assez inégale tout au long de son cours.

Si le cours d’eau n’a cessé d’être canalisé, artificialisé et rectifié au cours du XIXème et du début du XXème siècle, la fonction écologique de la Meuse se voit aujourd’hui remise à l’honneur. La qualité des eaux du fleuve et de ses affluents s’est améliorée de manière sensible suite à la mise en œuvre de la campagne d’assainissement imposée par la directive 91/271/CEE relative au traitement des eaux urbaines résiduaires.

On a vu se multiplier ces dernières années une série de démarches visant à requalifier la fonction écologique du fleuve. Ceci passe par l’installation de quelque 500 m de fascines végétalisées à Liège. Une série de zones humides d’intérêt biologique localisées en bord du fleuve sont désormais protégées. On relèvera également les efforts importants en matière de franchissabilité piscicole à proximité de tous les barrages : échelles à poisson, obligation pour les concessionnaires des centrales hydroélectriques de maîtriser le taux de mortalité etc. On voit ainsi se dessiner une ébauche de trame bleue, qui, malheureusement, n’a pas encore été formalisée à l’échelle de l’ensemble du couloir fluvial dans un document coordonné.

Figure 3. Installation de fascines végétalisées le long de la Dérivation à Liège. Ces dispositifs constituent des sites d’accueil pour les poissons (supports de pontes, zones de caches, zones d’alimentation,…). © Ville de Liège, Emilie Denis

La Meuse conserve par ailleurs une fonction logistique importante en liaison avec les ports d’Anvers et de Rotterdam. Une série d’investissements ont renforcé cette fonction, comme le développement du Trilogiport en aval de Liège, la réalisation de la quatrième écluse de Lanaye ou la mise à gabarit de l’écluse d’Ivoz-Ramet. La fonction logistique du fleuve gagnerait à être rationalisée dans le cadre de la réflexion sur la reconversion des friches industrielles d’Arcelor-Mittal. Il s’agit de réduire la fragmentation actuelle des activités portuaires pour les concentrer dans des lieux stratégiques à fort potentiel et présentant des synergies avec leur environnement.

La Meuse a par ailleurs une fonction productive dans la distribution d’eau. On sait ainsi que 40% de la production d’eau potable en Flandre provient du canal Albert, alimenté par la Meuse. Les prélèvements de Water-link dans le canal Albert sont passés de 137 à 156 millions de mètres cubes entre 2017 et 2019. Le réchauffement climatique pourrait avoir ici des effets inverses à ceux observés en matière d’inondation. Le stress hydrique pourrait en effet conduire à une diminution du niveau de la Meuse et une augmentation des prélèvements en été, ce qui pourrait induire des conflits avec la fonction logistique du canal.

Enfin, la Meuse se caractérise par une fonction récréative, paysagère, touristique importante. Celle-ci s’est renforcée dans le cadre de la mise en œuvre d’un réseau de voies lentes pratiquement continu tout au long du fleuve et de ses principaux affluents. Cette fonction récréative et touristique est particulièrement marquée en amont de Huy. L’enjeu territorial est ici de « donner de l’épaisseur » à ce réseau de manière à assurer son ancrage territorial. Ceci doit passer par des connections avec des voies lentes locales ainsi que la mise en place d’un réseau d’attracteurs susceptible de renforcer son appropriation et son usage. Cette fonction récréative et paysagère est par ailleurs valorisée dans le cadre d’une série d’opérations immobilières qui se développent à proximité du cours d’eau.

Ces différentes fonctions se développent tantôt de façon complémentaire, tantôt de façon contradictoire, ce qui donne lieu à une conception du territoire encore trop fragmentée entre espaces de production (Meuse aval) et espaces de conservation (Meuse amont). Les fonctions écologiques et récréatives ne sont pas toujours articulées et dépendent d’administrations et de niveaux de pouvoir différents. Il est indispensable de développer une véritable vision stratégique pour la Meuse si l’on veut fédérer l’ensemble des acteurs autour d’un projet de territoire résilient.

Trois enjeux pour un territoire résilient

La prise en compte du risque d’inondation nous amène à questionner la pertinence du modèle de la ville compacte dans le contexte du couloir fluvial de la Meuse. Celui-ci s’est historiquement structuré autour d’un chapelet de villes dont le rythme était déterminé par les arrêts de train ainsi que la présence de vallées adventices. La densification urbaine du couloir fluvial doit être pensée en accord avec cette trame originelle, de manière à ménager des continuités paysagères, écologiques et hydrauliques dans l’esprit d’une ville poreuse.

Cette porosité doit s’envisager à toutes les échelles territoriales. A l’échelle du bassin versant il s’agit de ménager des espaces pour stocker de grands volumes d’eau, sur le modèle de la politique « Room for the River » aux Pays-Bas. Il s’agit par ailleurs de réserver des espaces suffisants pour l’écoulement de l’eau entre îlots de bâtiments dans le cadre des nouveaux aménagements urbains. Enfin, il convient enfin d’imposer des dispositifs d’infiltration et de rétention d’eau au sein de tous les espaces publics et les bâtiments.

Cette ville poreuse doit également s’entendre au niveau fonctionnel et favoriser une plus grande mixité entre fonctions écologiques, logistique et récréative. Les infrastructures lourdes, chemin de fer, voies rapides, qui trament le couloir fluvial, ont découpé autant de « lanières territoriales » peu connectées entre elles. A ceci s’ajoute l’héritage d’enclaves industrielles, branchées sur ces infrastructures et qui viennent encore renforcer la fragmentation du paysage. Il convient aujourd’hui de renforcer la perméabilité entre différents espaces et fonctions. Ceci suppose de travailler à l’échelle des sites pour renforcer la mixité des fonctions, en ce y compris la fonction écologique bien sûr, et de renforcer les trames orthogonales qui relient le couloir fluvial aux plateaux qui le bordent. Ces trames orthogonales devraient concerner les lignes de transport en commun, les infrastructures de mobilité lente, les trames vertes ainsi que les synergies entre fonctions économiques de fond de vallée et de plateaux.

Enfin, le renforcement de la résilience du couloir fluvial doit porter sur un nouvel équilibre entre opérations de reconversion économique et de renaturalisation. L’ensemble des sites à réaménager localisés en bord de Meuse doivent être valorisés dans une logique de recyclage territorial et de lutte contre l’artificialisation. Ceci peut passer par une réhabilitation totale ou partielle de ces friches afin d’y installer de nouvelles activités sans artificialiser de nouveaux terrains vierges. On peut également envisager des mécanismes de compensation environnementale et territoriale lorsque des terrains aujourd’hui artificialisés font l’objet d’une renaturalisation, à l’image de ce qui a été fait dans la Ruhr. Ceci suppose de considérer l’ensemble des sites à réaménager comme un patrimoine foncier pouvant être mobilisé sur le long terme à l’échelle du bassin versant de la Meuse.

References

Dewals B., Drogue G., Erpicum M., Pirotton M., Archambeau P. (2013). Impact of climate change on inundation hazard along the river Meuse. In B. Dewals & M. Fournier (edts.), Transboundary Water Management in a Changing Climate, 18-27, CRC press.

Poussard C. (2019). Inondations et inégalités environnementales, TFE, ULiège.

Kitsikoudis, V., Becker, B. P. J., Huismans, Y., Archambeau, P., Erpicum, S., Pirotton, M., & Dewals, B. (2020). Discrepancies in Flood Modelling Approaches in Transboundary River Systems : Legacy of the Past or Well-grounded Choices? Water Resources Management, 34(11), 3465‑3478.

Remerciements

Cet article a été publié dans le numéro 48 de la revue Ruimte, dans le cadre du numéro spécial Chez les voisins, pp. 46-48.

Bart Somers : Malines, laboratoire de réussites urbaines

Nous accueillerons Bart Somers, le lundi 22 février à 18h, pour la conférence inaugurale de la 2° partie du cycle annuel des conférences « Projet urbain » : Malines, laboratoire de réussites urbaines.

Bart Somers est le Ministre flamand des Affaires intérieures et administratives, de l’Intégration et de l’Égalité des chances. Il a un long parcours de parlementaire et notamment de Ministre-Président de la Région flamande.

Nous le recevrons en tant que Bourgmestre de la Ville de Malines, rôle qu’il exerce sans discontinuité depuis 2001 et pour lequel il a reçu le « World Mayor Prize 2016 » délivré par la « City Mayors Foundation ». Cette longévité politique à l’échelon communal lui a permis d’inscrire sa vision urbaine et ses actions dans la durée. Parmi les réalisations les plus connues : l’ouverture de la Dyle, la reconfiguration de nombreux espaces publics, la gestion active du centre-ville, la mise en place d’une politique de logements volontariste ainsi que le développement d’une politique d’accueil des nouveaux habitants dont notamment des réfugiés et l’intégration des migrants. La conférence sera l’occasion d’explorer ses visions de la ville et son expérience en tant que Bourgmestre et homme politique intervenant à multiples échelles territoriales.

La conférence sera donnée en anglais. Elle prendra la forme d’un Webinaire, accessible en direct de 18h à 20h, via la plateforme Lifesize : https://call.lifesizecloud.com/5747953

Ce webinaire fait partie du cycle annuel de « Conférences Projet Urbain » organisé par l’Université de Liège / Faculté des Sciences Appliquées – Faculté d’Architecture – Faculté des Sciences, la Ville de Liège, la Haute Ecole Charlemagne, le Liège-Labville et le GRE–Liège. Il s’inscrit dans le cadre du Master en Urbanisme et Développement Territorial ainsi que dans le cadre du Certificat en Recyclage du Foncier, mis en place par l’ULiège et la Haute Ecole Charlemagne. 

Bénéfices rendus par les arbres de la ville de Liège

Pour s’adapter et/ou atténuer les effets du changement climatique, les villes peuvent déployer des outils high-tech comme elles peuvent compter sur les composantes low-tech, notamment les arbres. Ce rapport aborde l’arbre urbain comme un allié contre le changement climatique.

Ce rapport de recherche sur les bénéfices écosystémiques des arbres de la ville de Liège est disponible via ce lien. Il a été produit par Wissal Selmi (wissalselmi@yahoo.fr) durant son séjour postdoctoral au LEMA.

Conférences Projet Urbain 2020-21/1

Cycle de conférences organisé par l’Université de Liège, la Haute Ecole Charlemagne, la Ville de Liège, le Liège Labville et le GRE – Liège. Les conférences seront accessibles via Lifesize, à partir du lien suivant.

Manifeste pour un urbanisme circulaire : pour des alternatives concrètes à l’étalement de la ville • Mercredi 14.10.2020 / 18h00
Sylvain GRISOT, Urbaniste Dixit.net
Regardez ici l’intégralité de la Conférence et des Questions réponses

Sylvain Grisot est urbaniste de formation. Il combine une approche académique et professionnelle dans son travail. Il enseigne à l’Université de Nantes, l’Ecole de Design Nantes Atlantique et au CNFPT tout en étant responsable d’une agence de conseil et d’innovation en transformation de la ville. Sa conférence inaugurale sera placée sous la thématique du recyclage du territoire pour lutter contre l’étalement urbain. La présentation de son manifeste sera l’occasion de questionner le modèle consumériste qui a conduit depuis des décennies à l’étalement urbain que l’on connait actuellement. Celui-ci est considéré comme une source d’impacts négatifs tant pour l’environnement que pour les êtres humains. Sur base des principes de l’économie circulaire appliquées aux sols urbains, il propose un modèle alternatif d’urbanisme circulaire qui vise à la transformation et au recyclage de l’existant et à intensifier les usages au sein des milieux urbanisés pour réduire notamment la consommation des sols non artificialisés. Ce manifeste a pour volonté d’impulser un mouvement généralisé dans la pratique de l’urbanisme bien au-delà de quelques projets exemplaires.

Bijgaardehof – reconversion de l’usine Malmar à Gand • Mercredi 28.10.2020 / 18h00
Sarah POOT, Architecte à l’agence BOGDAN et VAN BROECK
Regardez ici l’intégralité de la Conférence et des Questions réponses

Implanté sur le site de l’ancienne usine métallurgique « Malmar » à Gand, ce projet était piloté par la SOGENT (la régie autonome de développement urbain de la ville de Gand) avec pour particularité de faire appel aux futurs habitants et utilisateurs pour la conception du projet. L’Agence Bogdan & Van Broeck, a œuvré à la co-création de ce projet, tout au long des réunions de travail avec une soixantaine d’acteurs « inhabituels » pour un projet de cette envergure. Au final, le projet a permis de conserver certaines parties des bâtiments industriels et de proposer 57 logements d’habitats groupés repartis entre plusieurs bâtiments ainsi qu’un centre de santé. Un travail de fond a été opéré sur les critères de durabilité de ce projet en appliquant le référentiel de mesure de durabilité des quartiers (Duurzaamheidsmeter Wijken).

Le Masterplan « Horizon 2040 » du Port de Bruxelles • Mercredi 18.11.2020 / 18h00
Benoit MORITZ, Architecte & Urbaniste – MSA
Michael DOOMS, Prof. ECSA / VUB

L’équipe en charge du nouveau masterplan « horizon 2040 » propose une vision stratégique de l’avenir du port à court et long terme. Cette vision, décline plusieurs aspects essentiels pour un port en milieu urbain : la logistique urbaine, l’évolution voire l’hybridation des typologies des bâtiments pour accueillir plus de mixité fonctionnelle, la qualité architecturale des bâtiments et infrastructure, les relations entre usages portuaires et usages urbains des quais et des interfaces canal – bâtiments – ville. Le projet de Masterplan identifie trois zones portuaires dédiées à des fonctionnalités spécifiques : un pôle portuaire, logistique et productif pour la métropole ; un port dans la ville en lien avec un centre logistique moderne ; un port faisant ville.

Le projet de Ville de La Louvière • Mercredi 02.12.2020 / 18h00
Paola VIGANO, Architecte & Urbaniste – Studio Brussels
Achille PELLETIER, Architecte – Studio Brussels

La Ville de La Louvière dispose d’un Schéma de Développement Communal depuis 2004. Celui-ci devait être adapté pour répondre aux enjeux d’avenir de la Ville. Une démarche originale a été adoptée ici. Elle réside dans la conception préalable d’un projet de Ville qui une fois validé servira de base au futur Schéma de Développement Communal. Le SDC est ainsi conçu comme outil pour faire advenir un projet de Ville et cadrer les évolutions futures du territoire. Ce projet de Ville aborde et propose une recomposition de la notion de centralité(s), des dynamiques de (re)mobilisation des strates historiques territoriales et paysagères, de l’avenir des friches industrielles, du rapport à l’eau (le Canal du Centre, la Haine, etc.).

Le projet SAULE : Ferme du Chant des Cailles- Logis Floréal • Mercredi 09.12.2020 / 18h00
Marie DEMANET, Architecte & Urbaniste – Coordinatrice à l’ERU asbl

Le projet S.A.U.L.E. – Symbiose Agriculture Urbaine Logement Écosystème – est une étude portée et financée par INNOVIRIS afin de pouvoir apporter des solutions spécifiques à l’usage de territoires de plus en plus contraints entre les besoins d’urbanisation pour répondre à l’accroissement démographique et les besoins de maintenir des terres disponibles pour l’agriculture urbaine afin de nourrir la population. La réflexion est issue d’un cas concret. La Ferme du Chant des Cailles était reprise au sein du Plan Logement communal de Watermael-Boitsfort qui y prévoyait 250 logements pour le Logis Floréal. Le projet propose une approche spécifique, amorcée selon un processus de co-création entre citoyens, agriculteurs urbains, chercheurs et urbanistes dont l’ERU, l’Agencer Alter, le LOCI – UCLouvain, etc. Ce sera l’occasion d’aborder le retour d’expérience de cette étude qui concerne toute ville confrontée à ces enjeux.


Les conférences sont accessibles en direct via le lien suivant : https://call.lifesizecloud.com/5747953

Conférence Michel Desvigne 13/05

Michel Desvigne donnera une conférence sur le projet Euralens ce mercredi 13/05 à 18h15. Michel Desvigne est paysagiste, Grand Prix de l’Urbanisme 2011.

Notre cycle de conférences Projet Urbain passe en webinaire pour la fin de l’année académique 2019-2020. L’assistance au webinaire est gratuite et ouverte à tous. Nous utilisons l’application Cisco Webex, qui ne demande pas d’installer de logiciel sur votre machine. Vous devez simplement accepter que le site accède à votre micro et vos écouteurs lorsque vous vous connectez.

La conférence de Michel Desvigne est disponible via le lien suivant.

.

Ce lien sera actif à partir de 17h30 le jour du webinaire de manière à vous permettre de tester votre configuration. Les conférences démarrent à 18h00. En cas de difficulté technique, vous pouvez contacter Joel Privot (j.privot@uliege.be).

La fin des activités extractives dans le bassin minier Nord-Pas-de-Calais se traduit par une série de conséquences, telles qu’une perte d’attractivité, une perte d’identité, un chômage important, des dégradations paysagères et environnementales. Depuis plusieurs décennies, des stratégies sont élaborées pour faire évoluer ce territoire. L’agglomération de communes autour de Lens s’est lancée dans un projet urbain visant à reconfigurer l’image de l’ensemble du territoire. L’arrivée du Louvre à Lens a marqué ce tournant ambitieux.

Le paysagiste Michel Desvigne est intervenu pour l’aménagement de ce musée. Il a proposé par la suite une relecture du territoire du bassin minier en le faisant basculer d’une notion « d’archipel noir » (les terrils, les lieux d’abandon, etc.) à celle « d’archipel vert ». Il s’agit de valoriser le patrimoine « vert » existant sur les friches, les anciennes voies ferrées, les forêts, les parcs. Ce projet a été approfondi et développé à travers la Chaîne des Parcs qui offre une structure cohérente à cet ensemble d’espaces verts. La zone d’intervention s’étend sur près de 35.000 ha au sein du Pôle métropolitain d’Artois. Elle intègre 7 parcs d’importance métropolitaine (2200 ha).

Cette présentation est organisée dans le cadre du Cycle de conférences Projets urbain organisé par l’Université de Liège, la Haute Ecole Charlemagne, la Ville de Liège, Liège Labville et le GRE Liège.

Conférences Projet Urbain 2019-20/2

Cycle de conférences organisé par l’Université de Liège, la Haute Ecole Charlemagne, la Ville de Liège, Liège Labville et le GRE Liège.


Notre cycle de conférences Projet Urbain est maintenu et passe en webinaire pour la fin de l’année académique 2019-2020. L’assistance au webinaire est gratuite et ouverte à tous. Nous utilisons l’application Cisco Webex, qui ne demande pas d’installer de logiciel sur votre machine. Vous devez simplement accepter que le site accède à votre micro et vos écouteurs lorsque vous vous connectez.

Veuillez cliquer sur ce lien suivant pour accéder au webinaire.

Ce lien sera actif à partir de 17h30 le jour du webinaire de manière à vous permettre de tester votre configuration. Les conférences démarrent à 18h00. En cas de difficulté technique, vous pouvez contacter Joel Privot (j.privot@uliege.be).


Luxembourg, la reconversion de la friche d’Esch Schifflange • Mercredi 19.02.2020 / 18h15
Yves BIWER, Directeur Administratif d’AGORA

Le Grand-duché du Luxembourg a connu un important développement de l’industrie sidérurgique au cours du XIXème et XXème siècle. La restructuration de cette activité industrielle génère quantité de sites de production à l’arrêt et/ou désaffectés. AGORA est une société de développement urbain créée en 2000 pour reconvertir ces anciens sites industriels. BELVAL a été le premier site emblématique pris en charge par cette société. Le futur Quartier de l’Alzette sera lui érigé sur l’ancienne friche d’Esch Schifflange (+ 65ha). Dès la fermeture de l’usine en 2016, une convention a été passée entre l’Etat, Arcelor Mittal et AGORA en vue d’en assurer la reconversion par la mise en place d’une démarche coopérative et participative au travers d’un atelier de conception urbaine, lors duquel la population a été directement impliquée. Parmi les quatre équipes internationales de concepteurs, l’Agence danoise COBE a été désignée pour la mise en œuvre du Master Plan.

France, le Plan Canopée de Lyon Métropole Mercredi 22.04.2020 / 18h15 / Webinaire
Frédéric SEGUR, Chef de Projet ingénierie, Lyon Métropole

Les territoires doivent intégrer et prévoir les risques liés aux changements climatiques et les manières d’en prévenir les conséquences néfastes sur les activités humaines tout en préservant les écosystèmes existants. Le Plan Canopée de Lyon Métropole cherche à combiner ces différents aspects à travers valorisation de services écosystémiques, à savoir les services que la « nature » peut nous apporter. La présence de végétation permet le développement de biodiversité, réduit l’îlot de chaleur urbain, participe au maintien d’une humidité de l’air adéquate, agit positivement sur le ressenti des habitants, contribue à la vie des sols et régule les apports d’eau de pluie. Le Plan Canopée de la ville de Lyon articule ces nombreux aspects indispensables de la présence de végétation dans nos milieux urbains fortement anthropisés.

Suisse, le Grand Projet Zimeysaver à Genève • Mercredi 06.05.2020 / 18h15 / Webinaire
Sibylle ANDRE, Architecte, Urbaniste, Paysagiste, Associée de l’Agence Paysagestion
Parsa ZARIAN, Ingénieur – Urbaniste, Directeur Technique de l’Agence LMAU

Les zones d’activités économiques érigées ces dernières décennies souffrent de multiples maux dont l’isolement par rapport aux tissus urbains, la monotonie des ambiances paysagères et le manque d’aménités locales. Il en résulte une perte d’attractivité qui pourrait être préjudiciable pour leur avenir. Le Grand Projet Zimeysaver à Genève vise à requalifier cette grande zone d’activités économiques à vocation logistique, en y implémentant une charpente paysagère qui configure une cohérence globale et une identité forte au lieu. Le projet tisse des liens avec les contextes paysagers locaux et reconnecte la zone aux entités urbaines à proximité à travers des parcours de mobilité douce. Ce projet a été initié en 2013 afin de répondre aux défis futurs de ces zones d’activités économiques. Sa présentation sera l’occasion d’un retour d’expérience plusieurs années après la mise en place.

France, Euralens, Chaîne des Parcs • Mercredi 13.05.2020 / 18h15 / Webinaire
Michel DESVIGNE, Paysagiste, Grand Prix de l’Urbanisme 2011

 La fin des activités extractives dans le bassin minier Nord-Pas-de-Calais se traduit par une série de conséquences, telles qu’une perte d’attractivité, une perte d’identité, un chômage important, des dégradations paysagères et environnementales. Depuis plusieurs décennies, des stratégies sont élaborées pour faire évoluer ce territoire. L’agglomération de communes autour de Lens s’est lancée dans un projet urbain visant à reconfigurer l’image de l’ensemble du territoire. L’arrivée du Louvre à Lens a marqué ce tournant ambitieux. Le paysagiste Michel Desvigne est intervenu pour l’aménagement de ce musée. Il a proposé par la suite une relecture du territoire du bassin minier en le faisant basculer d’une notion « d’archipel noir » (les terrils, les lieux d’abandon, etc.) à celle « d’archipel vert ». Il s’agit de valoriser le patrimoine « vert » existant sur les friches, les anciennes voies ferrées, les forêts, les parcs. Ce projet a été approfondi et développé à travers la Chaîne des Parcs qui offre une structure cohérente à cet ensemble d’espaces verts. La zone d’intervention s’étend sur près de 35.000 ha au sein du Pôle métropolitain d’Artois. Elle intègre 7 parcs d’importance métropolitaine (2200 ha).

France, SNCF Immobilier, stratégie de reconversion urbaine des sites et quartiers ferroviaires • Date à confirmer / 18h15 / Webinaire
Charlotte GIRERD, Directrice Projets SNCF Immobilier

Fondée en 2015, SNCF Immobilier est une entité chargée d’assurer la gestion et la valorisation du patrimoine immobilier et foncier de l’entreprise publique. L’ampleur de ce patrimoine hisse SNCF Immobilier au rang des propriétaires majeurs en France. Les missions confiées concernent la gestion des logements existants (plus de 100.000 logements), l’aménagement et le développement du patrimoine valorisable ainsi que la gestion et l’optimisation du patrimoine industriel, tertiaire et social. Cet acteur incontournable du secteur immobilier français a la capacité de repenser l’avenir des sites ferroviaires qu’ils soient désaffectés ou non et de les réintégrer dans des projets urbains de grande ampleur. SNCF Immobilier participe ainsi aux mutations urbaines et sociétales actuelles avec l’avantage d’une maîtrise globale tout au long du processus de valorisation foncière, depuis le portage foncier jusqu’à l’occupation des espaces immobiliers. A ce jour, 34 projets urbains de grande ampleur ont été réalisés impliquant notamment des pratiques innovantes dans la conception et dans les usages des sites valorisés.

Lieu: ULiège / Webinaire

Conférences Projet Urbain 2019-20/1

Cycle de conférences organisé par l’Université de Liège, la Haute Ecole Charlemagne, la Ville de Liège, Liège Labville et le GRE Liège.

Namur : projet « Cœur de ville » développement d’un nouveau quartier sur le site des Casernes • Mercredi 09.10.2019 / 18h00 / Salle Thiry
Renaud NAIKEN, Manager Développement, Thomas et Piron

Ce projet est issu de la volonté de créer un nouveau quartier sur l’ancien site des Casernes au coeur de la ville de Namur. Le terrain de 1,3 ha appartenant à la Régie Foncière communale a fait l’objet d’un appel à projet en 2017 de type design & build, sur base d’un programme ambitieux et d’un cadre d’attentes précis. Parmi les cinq candidats retenus initialement, trois ont remis leur offre et le consortium formé par Thomas & Piron, en collaboration avec l’équipe d’architectes l’Atelier de l’Arbre d’Or, DDS+, Qbrik et le paysagiste Eole a remporté le marché. Ce projet de quartier décline un îlot multifonctionnel s’articulant à la fois avec les vestiges de la Caserne et le futur palais de justice tout en permettant la création d’un parc public. Outre le logement, on y retrouvera la nouvelle bibliothèque communale, le musée Africain de Namur, une halle maraîchère, une brasserie, un espace communautaire.

Dynamique publique de promotion immobilière en Brabant Wallon : « le projet de la Gastuche » • Mercredi 23.10.2018 / 18h00 / Salle Thiry
Cédric LENEAU, directeur de l’Agence de Promotion Immobilière Publique du Brabant wallon

Le Brabant wallon connait une pression immobilière toujours croissante eu égard à l’influence de Bruxelles et les développements économiques autour de Wavre et d’Ottignies. A l’horizon 2030, 15.000 nouveaux logements devraient y être construits afin de répondre à l’accroissement démographique. Les prix des biens immobiliers dans cette province conduisent nombreux ménages à s’installer toujours plus loin de leurs lieux d’activités pour trouver des biens accessibles. Cette situation est dommageable tant d’un point de vue social qu’environnemental. En réponse à cette situation, l’Agence de Promotion Immobilière Publique s’inscrit dans une vision dynamique en montant des opérations immobilières pour répondre à la demande de biens immobiliers accessibles, en visant la production de 150 logements par an. Le montage des opérations vise à une balance économique entre les biens vendus au prix du marché et ceux vendus à des prix attractifs (en-dessous des prix du marché). Le projet de la Gastuche est un exemple de cette dynamique publique volontariste.

Le « District créatif » de Liège • Mercredi 13.11.2019 / 18h00 / Salle Thiry
Gaëtan SERVAIS, CEO de Logo Noshaq (anciennement Meusinvest)

Situé au centre de Liège, le quartier Léopold est en pleine mutation économique et constitue un enjeu majeur pour la Ville. C’est au sein de ce quartier à côté du bâtiment historique de l’Université de Liège, que des projets emblématiques prennent leur essor comme la Grand Poste, le hub créatif du Fiacre, la Madeleine 4.0, les bureaux de Noshaq, etc. Le projet de « District créatif » vise à participer à la revitalisation économique de ce quartier, en tant que soutien aux entreprises créatives et comme intégrateur d’acteurs actifs dans le secteur de la recherche, le développement de nouvelles pratiques créatives, l’initiation à l’entreprenariat. La transformation de ce quartier est portée un acteur (Meusinvest), qui voit son cœur de métier s’étendre depuis le soutien de l’activité économique pour englober des activités de développement territorial.

Community Land Trust Bruxelles, retour sur 10 ans d’existence au travers du projet « Arc-en-Ciel » • Mercredi 27.11.2019 / 18h00 / Salle Thiry
Thibault LEROY et Lorella PAZIENZA, responsables des projets immobiliers, CLTB

Le Community Land Trust (CLT) est une solution développée à Bruxelles afin de lutter contre la pression immobilière et pour permettre aux ménages aux revenus modestes d’accéder à la proprité. Le CLT consiste à découpler la propriété du sol de la propriété du logement. Les origines de cette approche remontent aux années septante aux USA avec une première expérimentation au sein des communautés afro-américaines à Albany en Géorgie. Par la suite, ce schéma a été appliqué dans d’autres villes, notamment dans celle de Bernie Sanders, maire de Burlington, dans les années quatre-vingt où pas moins de 2500 logements sont gérés de cette manière. Dans le CLT, la propriété du sol est gérée par une collectivité, institutionnelle ou non, ce qui permet d’expurger le prix du foncier du prix du logement. Des garanties juridiques sont mises en place pour éviter toute dérive du système. Le projet pilote « Arc-en-Ciel » est une illustration concrète de l’application du CLT dans la commune de Molenbeek St-Jean. Ce sera l’occasion d’interroger ce modèle, ses conditions spécifiques et sa généralisation.

Le projet du Plan d’aménagement Herrmann-Debroux à Bruxelles • Mercredi 11.12.2019 / 18h00 / Salle Thiry
Milène DENEUBOURG, Chargée de projet en stratégie territoriale, Perspective Brussels

Les images de la fermeture du viaduc Hermann-Debroux à Bruxelles, à la suite de chutes d’éléments en béton, sont encore dans nos mémoires. La dégradation avancée de cette infrastructure a été l’occasion d’en questionner le sens et l’intérêt de la rénover et de la maintenir à coûts de financements publics importants. Les questions de mobilité ne peuvent être découplées des questions d’aménagements urbains, de qualité de vie, d’aménités, etc. Il n’est pas évident de maintenir ce type d’infrastructures encourageant des flux de véhicules toujours plus importants. L’évolution de la mobilité, amène les grandes villes à repenser leur territoire et à reconsidérer la place des grandes infrastructures routières et autoroutières en leur sein. Le cas présenté illustre cette évolution sociétale et propose un nouvel imaginaire urbain qui reconfigure la ville et ses quartiers après le départ du viaduc Herrmann-Debroux.

Lieu: ULiège – Amphis Opéra
Place de la République Française 41, 4000 Liège
Entrée libre

 

Pour un urbanisme des communs à Liège

La ville de Liège ne fera pas l’économie d’un schéma de développement stratégique si elle veut répondre à la demande de logements, de services et d’espaces verts de qualité à laquelle elle est confrontée. Longtemps postposée, cette réflexion passe par une concertation avec de nombreux acteurs : les grands acteurs publics et immobiliers bien sûr, mais aussi et surtout les nombreux collectifs de citoyens qui se sont mis en place au cours des dernières années.

A force de confondre marketing territorial et aménagement du territoire, la Ville de Liège s’est peu à peu enfermée dans une politique dite des Grands Projets – gare des Guillemins, Boverie, tramway etc. Ces Grands Projets jouent certes un rôle dans le positionnement international de la ville, mais ne répondent pas, ou plus, aux aspirations quotidiennes des habitants et des investisseurs, en quête de logements, de services de proximité et d’un environnement de qualité.

On constate par ailleurs qu’une série de projets d’envergure se voient aujourd’hui bloqués en raison de réactions très vives de collectifs citoyens. Ces collectifs font régulièrement valoir l’impossibilité de juger des mérites d’un projet sans disposer d’une compréhension claire des évolutions attendues dans son voisinage. Un schéma de développement stratégique permettrait de répondre à ces attentes légitimes.

Et ce ne sont plus seulement les citoyens qui se mobilisent.

Les acteurs économiques, et plus spécifiquement l’UPSI (le représentant du secteur immobilier), considèrent qu’il est indispensable de disposer d’un schéma de développement stratégique stable et cohérent si l’on veut vraiment lutter contre l’étalement urbain. Un tel schéma permettrait de renforcer la sécurité juridique de leurs investissements. Le secteur de l’immobilier estime, à juste titre, qu’il ne lui appartient pas de porter seul des choix sociétaux en matière de durabilité urbaine et de reconstruction de la ville sur la ville. Il appartient aux acteurs politiques de définir leur ligne de conduite en la matière et de la défendre devant l’ensemble des acteurs et des citoyens.

La ville de Liège n’est pas dépourvue d’atouts dans la perspective de la mise en œuvre d’un schéma de développement stratégique innovant. On y trouve un terreau très fertile de professionnels, d’associations, de citoyens engagés dans la réflexion sur la ville. S’engager dans cette démarche serait, en outre, une manière de renouer avec notre passé et le remarquable Plan Guide élaboré au XIXème par Blonden (le document est disponible ici). Rappelons que c’est à ce Plan Guide que l’on doit certains de nos plus beaux ensembles urbains, comme le quartier du Jardin Botanique, les îlots qui entourent la place du Congrès, les remarquables alignements bâtis du quartier Saint-Léonard etc.

Nous proposons ici huit principes pour l’élaboration d’un schéma de développement stratégique pour Liège. Ces principes mêlent délibérément le pourquoi et le comment, ces deux aspects étant indissociables dans la démarche.

1) Assumer son ambition métropolitaine à l’échelle de la ville et des quartiers

Liège est la dernière grande ville wallonne qui ne dispose d’aucun document d’urbanisme stratégique à l’échelle de l’ensemble de son territoire communal. Charleroi s’est dotée d’un MasterPlan sous la houlette de son Bouwmeester. Namur, Mons et Verviers disposent d’un schéma de développement communal (ex schéma de structure).

Les communes qui entourent Liège (Seraing, Herstal, Fléron, Chaudfontaine, …) se sont elles-mêmes dotées d’outils de ce type. Liège fait figure d’exception et son agenda urbanistique semble bien souvent dicté par la périphérie. C’est en particulier le cas aux marges de la ville.

Liège doit se doter d’un cadre stratégique si elle veut assumer ses ambitions métropolitaines à l’échelle de l’agglomération, de la région et à l’international. Pour ce faire elle doit innover, faire autrement qu’ailleurs, tout en s’assurant de relais efficaces auprès des communes voisines.

Ce cadre stratégique doit réconcilier la politique des Grands Projets portée par la ville de Liège et les transformations attendues, au quotidien, dans la « ville ordinaire ». Il doit permettre d’interpréter le sens de l’action publique dans les différents quartiers de la ville. Il doit, enfin, anticiper et encadrer les projets immobiliers qui se développent sur le territoire communal en fixant un nouveau niveau d’ambition en matière de durabilité et de qualité de vie en ville à l’aune du XXIème siècle.

2) Mobiliser le levier du développement résidentiel comme vecteur d’attractivité urbaine

Dans le cadre du SDALg, Liège s’est fixée pour objectif de développer 760 nouveaux logements par an sur son territoire à l’horizon 2035. Cet objectif ne pourra être rencontré, de manière qualitative, sans disposer d’un cadre de référence qui oriente les acteurs, publics et privés, vers les espaces les plus adéquats pour le renforcement de la fonction résidentielle. Il incombe à la puissance publique, à l’autorité communale, d’identifier ces espaces d’opportunités, de les valoriser au mieux et de définir ses attentes en matière de production d’habitat.

Les expériences étrangères nous montrent que le développement résidentiel n’est pas un « sous-produit » de l’attractivité urbaine, mais au contraire son moteur et sa raison d’être. C’est à travers le redéploiement de la fonction résidentielle que des villes comme Montréal, Bordeaux ou Nantes ont pu attirer de nouvelles activités, de nouvelles fonctions métropolitaines.

Il s’agit bien entendu de croiser ce développement résidentiel avec une offre de services adaptés, écoles, crèches, espaces verts, mobilité douce, afin de ne pas tomber dans les difficultés que l’on a connu à Bruxelles (le scolaire en retard par rapport au résidentiel). Ceci suppose de coordonner sur le long terme la fonction habitat, à savoir le logement et ses extensions urbaines.

3) Faire face à l’urgence environnementale  dans une logique de justice spatiale

La ville de Liège est confrontée à un engorgement sévère du centre ville et des principales voies d’accès à celui-ci. Ceci est lié à la configuration du site originel de la ville, dans une cuvette. Son développement au XIXème et XXème siècle n’a pas ménagé de nombreuses respirations urbaines en fond de vallée. Les espaces verts de grande taille sont principalement concentrés sur les plateaux, mis à part les coteaux de la Citadelle. Il s’ensuit une exposition assez forte aux polluants atmosphériques, au bruit, aux vagues de chaleur.

Cette urgence environnementale se double, à Liège, d’une forte inégalité sociale et spatiale. L’exposition aux pollutions et l’accès aux espaces verts de qualité est très inégalement distribué dans la ville, qui souffre toujours d’une forte asymétrie entre rive gauche et rive droite. Loin de les compenser, une série d’aménagements réalisés depuis les années 1980 ont encore creusé ces inégalités. Les enjeux de justice spatiale doivent être au cœur de la réflexion stratégique en matière d’environnement urbain et, plus largement, de durabilité à Liège.

4) Repenser la mobilité à travers le dessin de l’espace public.

La ville de Liège va connaître au cours des prochaines années un bouleversement spectaculaire suite à l’arrivée du tram. D’autres projets sont en phase de réflexion. Il est important de coordonner ces initiatives dans un cadre stratégique cohérent afin de maximiser leurs bénéfices induits en matière de rénovation urbaine, de valorisation des espaces verts, de modification des comportements.

Ces équipements ont jusqu’ici été souvent réfléchi dans une optique sectorielle et technicienne, sans envisager l’ensemble des composantes de l’espace public, qui forme pourtant la trame de la culture urbaine. Il importe aujourd’hui de décloisonner les acteurs et les actions entreprises en matière de mobilité afin de les recadrer dans une réflexion plus large sur des espaces publics de qualité et une mobilité apaisée.

Des espaces publics de qualité, ce sont d’abord des espaces robustes, à savoir des espaces qui permettent le développement d’activités variées au cours du temps (journée, semaine, saison), qui se prêtent à des usages par des publics variés (jeunes ados, familles avec enfants, personnes âgées), et qui pourront évoluer dans le temps.

Des espaces publics de qualité ce sont, aussi, des espaces partagés par différents usagers (vélos, automobiles, piétons, bus) sans que les exigences d’un mode de transport ne dictent leurs contraintes à tous les autres modes. Il convient dans cette perspective de décloisonner les pratiques administratives et s’assurer d’une concertation en amont des projets. Ce sont des espaces de tailles variées (espaces de jeux pour un quartier, versus esplanade Saint-Léonard) qui maillent l’ensemble de la ville dans une logique de justice spatiale.

5) Valoriser les pratiques habitantes dans la perspective d’un urbanisme des communs

De nombreux projets de développement ont été paralysés par des recours et des mobilisation de citoyens, un peu vite taxés de Nimby par différents protagonistes. A la différence d’autres villes wallonnes, la ville de Liège a une histoire assez riche en matières de luttes urbaines. Pourquoi ne pas en faire une force ? On ne peut, en même temps, se réclamer du statut de métropole et regretter l’émergence de collectifs de citoyens dans le champ de la politique urbaine. Les deux choses sont étroitement liées, comme on le voit à Paris, Nantes, Bruxelles, Amsterdam…

L’urbanisme des communs s’attache à développer des projets qui s’attachent au bien public et portés par des communautés locales. La coproduction de la ville et de services urbains est pratique courante dans un certain nombre de villes, comme Barcelone, Édimbourg ou encore des villes du sud.

Placer la question des communs au cœur du schéma de développement stratégique permettrait de répondre aux grands défis de la ville. C’est le moyen de s’assurer d’une justice spatiale à travers la mobilisation de collectifs d’habitants dans la ville ordinaire. C’est aussi une manière de répondre aux enjeux de mobilité à travers l’identification de zones leviers, dont le développement nous concerne tous. C’est enfin une manière originale de positionner la ville, tant à l’échelle de la Wallonie qu’à l’international.

Ceci suppose de  travailler sur un cadre flexible, ouvert et incrémental, de manière à capitaliser sur des initiatives locales pertinentes. Le schéma de développement stratégique d’une ville comme Liège doit se concevoir comme un outil évolutif, amendé sur base régulière, de manière à rendre compte de ces initiatives locales et de l’évolution de son contexte international.

6) Ménager différentes temporalités et impliquer le tissu socio-culturel

Un schéma de développement stratégique est un document qui s’inscrit dans le temps long de la fabrique de la ville. On considère que sa réalisation peut s’étaler sur des périodes allant de 15 à 30 ans. Il est nécessaire de se doter d’un cadre stratégique pour coordonner des interventions de diverses natures, développement de logement privé, interventions sur les espaces publics, transformation de la mobilité, sur une durée aussi longue. Ce cadre stratégique constitue une forme de contrat, sur le temps long, entre les différents opérateurs de la ville, qu’il s’agisse d’opérateurs publics (ville, SPW, SRWT) ou d’opérateurs privés (promoteurs immobiliers, habitants, entreprises).

A côté de cela, ou en complément, il importe de ménager les temps de latence et les espaces en pause. Le cadre stratégique doit ainsi laisse une place à des opérations d’urbanisme plus tactique, qu’il s’agisse d’occupations temporaires ou précaires d’espaces vacants, d’interventions sur des espaces à reconvertir. Ces interventions sont une occasion d’impliquer le tissu associatif, le réseau socio-culturel liégeois, dans la démarche du Plan Guide.

Des expériences pilotes ont été menées par la ville dans ce sens (exemple de la Chartreuse). Il s’agit maintenant de capitaliser sur ces expériences et de revendiquer un « savoir-faire liégeois » en la matière.

7) Travailler sur les frontières externes et internes de la ville

De gros investissements ont été consentis au cœur de la métropole : hyper-centre, ligne de tram, axe Guillemins-Boverie. Il est à présent essentiel de redynamiser l’ensemble du territoire liégeois, en accordant une attention particulière aux espaces localisés à proximité des limites communales (Coronmeuse, Rocourt et Sclessin par exemple) ainsi qu’aux espaces localisés à la jonction entre différents quartiers  (le boulevard Poincarré-Frankignoulle ou la frange entre Bressoux et Droixhe par exemple).

Ces espaces de marge sont bien souvent des espaces d’opportunités, en raison d’un foncier disponible à court ou moyen terme, de la présence d’équipements structurants (gares, équipements publics) ou de leur rôle d’interface entre différents publics, différents usagers de la ville. Il appartient à la puissance publique d’orienter la transformation de ces espaces en mutation, de manière à valoriser leur potentiel de manière optimale, dans l’intérêt de la collectivité plutôt que des seuls opérateurs privés ou para-publics.

Ceci suppose de nommer ces espaces et d’y réaliser un inventaire des opportunités urbaines, considérant, par exemple, le potentiel foncier caché (espaces de stationnement, voiries surdimensionnées, emprises Infrabel etc.) à l’instar de ce qui a été réalisé à Bruxelles dans le cadre du plan canal (le gisement foncier du domaine public).

8) Produire un schéma puis un guide d’urbanisme

L’objet du schéma de développement stratégique est d’ordonner dans l’espace une série d’interventions destinées à transformer la ville. Ceci suppose de dessiner le bâti, les espaces publics, la trame verte qui compose l’ossature de la ville. Par nature le schéma de développement stratégique se centre sur des interventions de grande ampleur, qu’il s’agisse de transformations ou de constructions neuves. Les enjeux sont ici liés à la coordination des opérations de plus ou moins grande envergure dans le temps et dans l’espace.

A côté du schéma de développement stratégique, il convient par ailleurs de s’interroger sur le règlement, le guide d’urbanisme qui fixe des ambitions, une forme de droit commun, pour la production du logement, des espaces publics, des espaces verts dans la ville ordinaire.

Ce guide d’urbanisme s’appuie sur les acquis du schéma de développement stratégique et les directives adoptées en la matière pour la ville. Il se décline selon une série de thématiques telles que le logement, les espaces publics, les espaces de jeux etc. Il permet d’assurer une cohérence dans la transformation quotidienne de la ville tout en ouvrant des perspectives vers des formes originales d’intervention, comme les murs et toitures végétaux.