En matière de mobilité, le temps compte (Time Matters)

La mise en service du tram à Liège va s’accompagner d’une refonte de l’ensemble du réseau de bus, de manière à le hiérarchiser et à rabattre une série de lignes existantes sur les arrêts de tram. Cette réorganisation s’appuie sur quatre lignes de Busway qui complètent la ligne de tram afin de mailler le territoire de l’agglomération.

Ces lignes de Busway s’appuient sur les grands principes suivants.

Le Busway est prioritaire par rapport au reste du trafic et les feux de signalisation sont adaptés de manière à donner la priorité au bus. La ligne est développée en site propre partout où cela est possible et/ou nécessaire en raison de la congestion automobile. Lorsque la ligne n’est pas en site propre, le bus s’arrête en voirie et les autres véhicules attendent derrière lui lors de ses arrêts. Ceci évite les manœuvres de réinsertion dans le trafic, ce qui permet d’améliorer la vitesse commerciale de la ligne. L’objectif est d’atteindre une vitesse commerciale de 19 à 20 km/h contre les 10 à 13 km/h actuels pour le centre-ville. La billettique est intégrée aux quais et les montées/descentes voyageurs s’opèrent par simultanément l’ensemble des portes. Le plancher des bus est à niveau par rapport aux quais de manière à renforcer le confort usager et l’accessibilité aux personnes à mobilité réduite.

Tracé des 4 lignes de busway prévues en complément de la ligne de tram Cornonmeuse-Sclessin (source : tram.be)

Il est prévu, dans le cadre de cette réorganisation, de mettre en place d’une ligne de Busway, la ligne dite « B1 », entre Ans et Chênée selon un itinéraire qui suit peu ou prou ce qui avait été imaginé dès 2012 dans le cadre de l’étude« Transurbaine » (GRE, 2012). Ce tracé a ensuite été affiné et consolidé, d’abord dans le cadre du Schéma de développement de l’Arrondissement de Liège (Liège Métropole, 2017), et ensuite dans le Plan Urbain de Mobilité de l’Agglomération liégeoise (GW, 2019) et l’étude dite « Axes structurants » (Transitec, 2016).

Extrait de l’étude Transurbaine (GRE, 2012) qui met clairement en évidence la proximité entre le tracé de cet axe pensé dès 2012 et celui de l’actuelle ligne B1.

L’élaboration de ces différents documents a fait l’objet d’une concertation étroite entre différents acteurs : communes de l’agglomération, dont bien entendu la Ville de Liège, OTW (ex TEC), Autorité Organisatrice des Transports (AOT), SPW Mobilité et Infrastructures, Université de Liège etc. La mise en œuvre du PUM est elle-même encadrée par un comité d’accompagnement qui rassemble tous ces acteurs. L’OTW a publiquement communiqué les premiers documents relatifs à la ligne B1 lors d’une enquête d’information préalable réalisée en juin 2023. Cette enquête était réalisée dans le cadre de l’étude d’incidences sur l’environnement (EIE) relative aux quatre lignes de Busway.

Le consensus autour de la mise en œuvre rapide de la ligne B1 semble aujourd’hui remis en cause par certains acteurs pourtant associés aux différentes études et réunions de concertation. Deux arguments sont mobilisés à cet égard. Il s’agirait tout d’abord d’instaurer un moratoire sur les travaux dans la ville de Liège, les habitants et commerçants ayant été échaudés, épuisés diront certains, par la construction de la ligne de tram. Un moratoire donnerait par ailleurs du temps pour étudier la réalisation d’une véritable ligne de tram plutôt que de Busway entre Ans et Chênée.

Voici quelques éléments qui nous amènent à considérer que postposer la mise en œuvre de la ligne de Busway Ans Chênée serait très dommageable pour l’ensemble de la ville et de l’agglomération. Selon l’expression anglo-saxonne, « Time Matters », le temps compte, et ce que ce soit en terme de priorités, de délais ou de connexions.

Une ligne prioritaire en terme de flux passagers, effectifs et potentiels

Après la ligne de tram Coronmeuse-Sclessin, c’est la ligne B1 qui capte le plus de flux voyageurs dans l’agglomération. Ceci s’explique par la densité des quartiers traversés ou bordés par la ligne (Longdoz, Vennes, Chênée), ainsi que par la présence d’attracteurs majeurs tout au long de cette ligne : hôpital CHC au nord, pôle universitaire du XX Août, équipements scolaires à Chênée etc. On compte pas moins de quatre gares de chemin de fer au long de la ligne, à Ans, Saint-Lambert, Angleur et Chênée. Toutes ces gares sont susceptibles d’alimenter le trafic passager sur la ligne B1 pour des déplacement intra-urbains.

La SNCB envisage par ailleurs d’ouvrir un nouvel arrêt de train sur la ligne Guillemins-Bressoux, dans les Vennes, dans le cadre de la mise en œuvre du Réseau Express Liégeois. Actuellement prévue avenue du Luxembourg, la connexion entre cet arrêt et la ligne B1 pourrait être renforcé si il était localisé à hauteur du Boulevard Frankignoul.

Alors que la ligne de tram dédouble la ligne de chemin de fer de fond de vallée, la ligne de Busway B1 lui est, elle, transversale, d’où le nom de transurbaine qui lui a été donné. Elle permettra de relier de manière directe le nord et le sud de l’agglomération. La mise en œuvre de telles liaisons transversales constitue une priorité pour l’agglomération liégeoise, au vu du développement des activités économiques au long de l’arc autoroutier nord (entre Bierset et les Hauts-Sarts) et de l’ensemble des développements résidentiels au sud.

La demande de mobilité le long de cet axe est destinée à croitre fortement dans les années qui viennent en raison de la concentration de « foncier mutable » à proximité de celui-ci (Boliden, LPB, Espérance et Bonne-Fortune, gare d’Angleur, …). Le volant de reconversion y est bien plus important que le long de la ligne de tram, et le Busway pourra jouer ici un rôle de catalyseur pour autant que les vitesses commerciales, les fréquences et l’amplitude horaires soient suffisantes. Ce ne sont pas moins de 800 logements qui pourraient être créés sur le seul site de Boliden. 

Il serait incompréhensible, au vu de ces arguments, que la ligne B1 soit postposée indéfiniment alors qu’elle devrait être prioritaire par rapport à la ligne B2 est actuellement en chantier et que la mise en œuvre de la ligne B4 devrait suivre dans la foulée.

Un Projet de territoire qui fait le pari de la Transurbaine

La ville de Liège, dans son Projet de territoire, identifie des secteurs de transformation appelés à connaitre une intensification des usages et une reconversion en profondeur (Liège, 2024). Les cinq secteurs de transformation identifiés par la Ville de Liège sont les suivants : 

1. Bressoux/Droixhe – Coronmeuse, 
2. Sclessin – Val Benoît, 
3. la Transurbaine-nord, allant de Glain au Cadran, 
4. le « boulevard de l’Automobile »,
5. Angleur – Chênée.

Les deux premiers secteurs de transformation sont localisés le long de la ligne de tram de fond de vallée, les trois autres le long de la ligne B1, ce qui est assez logique, tant on sait que des dynamiques de cette envergure reposent sur la mise en œuvre, en parallèle, d’un transport en commun performant et efficace.

Les cinq secteurs de transformation de la ville de Liège identifiés dans le Projet de territoire (Liège, 2024)

Il convient de souligner que ces cinq secteurs concentrent l’essentiel des réserves foncières pour accueillir de nouvelles activités et de nouveaux habitants dans les années à venir. Dans son Projet de territoire, la ville de Liège a décidé de mettre en œuvre le principe de zéro artificialisation nette sans attendre l’échéance de 2050 afin de préserver les espaces de nature (Liège, 2024, p. 42). Ce ne sera pas possible sans une mise en oeuvre rapide de la ligne B1, sauf à considérer que les développements résidentiels seront reportés sur les communes périphériques.

A côté de ces cinq secteurs structurants le projet de territoire identifie 13 pôles à intensifier sur son territoire (Liège, 2024, p. 65). Elle prétend ainsi ré-équilbrer le territoire entre centre et périphérie ainsi qu’entre rive gauche et rive droite. Cinq de ces 13 pôles sont localisés le long de la ligne B1 : Mont Légia, Saint-Lambert, Longdoz, Angleur et Chênée. Ici à nouveau, la mise en œuvre de la ligne B1 s’impose de manière urgente si l’on veut réellement développer ces pôles et éviter qu’ils ne soient congestionnés par l’automobile et des infrastructures de stationnement encore plus massives.

Tous ces éléments nous amènent à considérer que si la ville de Liège croit en son projet de territoire, elle doit soutenir une mise en œuvre prioritaire et rapide de la ligne B1. Il s’agit d’une condition indispensable pour le développement de projets urbains durables, tant dans les secteurs de transformation que dans les pôles à intensifier. On sait qu’entre la réalisation des infrastructures de transport public, la décision d’investir et la livraison de logements et de surfaces de bureau il peut s’écouler une période de 5 à 10 ans. Reporter indéfiniment la mise en œuvre de la B1, c’est se priver de tout effet d’entrainement sur la transformation de la ville.

Du retour de certaines facultés de l’Université en ville

La Ville de Liège défend, on le sait, un retour progressif de certaines facultés universitaires au cœur de la cité, à proximité du pôle Saint-Lambert-XX Août. Cette revendication était déjà bien présente dans la Déclaration de Politique Communale de 2018 (Liège, 2018, p. 69). Elle est rappelée dans le Projet de territoire de 2024 (Liège, 2024, p. 60).

La mise en œuvre de la ligne B1 est essentielle pour tout transfert d’activités d’enseignement depuis le Sart-Tilman vers le centre ville.

Cette ligne doit tout d’abord assurer une accessibilité aisée en transport en commun au centre ville pour tous les étudiants logés sur la rive droite, depuis le Longdoz jusqu’à Embourg en passant par les Vennes et Chênée. Les lignes de bus qui relient Liège à Chênée sont aujourd’hui saturées et pénalisées par la congestion dans le Longdoz. A politique inchangée, le Sart-Tilman restera plus accessible que le centre ville pour certains de ces étudiants, en particulier pour ceux d’entre eux qui sont motorisés ou qui habitent à proximité de la ligne B2 (Guillemins-Sart-Tilman) ou de la ligne 158 (Chênée-Sart-Tilman).

Par ailleurs, la mise en œuvre de la ligne B1 est l’occasion d’aménager le goulot de la rue Grétry et d’y donner la priorité au Busway. Ces aménagements devraient permettre de garantir la vitesse commerciale de la ligne B1, mais également de la ligne B3 destinée à relier le pôle XX Août au Sart-Tilman en passant par le Longdoz et les Vennes. Cette ligne B3 est vitale pour l’Université, puisqu’elle devrait permettre de relier le centre au Sart-Tilman dans un délai raisonnable et sans rupture de charge. 

L’alternative qui consiste à combiner un trajet en tram depuis le centre-ville et de prendre ensuite la ligne B1 depuis les Guillemins, ou le Bus Connect 8 entre Sclessin et le Sart-Tilman sera toujours moins confortable pour les usagers dans la mesure où elle imposera une rupture de charge et des incertitudes liées à une correspondance.

Ici à nouveau, on ne voit guère l’intérêt de temporiser, alors que la mise en service de la ligne B1 est essentielle pour maintenir une liaison efficace vers le centre ville à la suite de mise en œuvre du tram, et ce tant depuis la rive droite que depuis le Sart-Tilman.

Où l’on reparle de l’abandon des extensions du tram…

Bien sûr, il serait encore plus efficace de disposer d’une véritable ligne de tram plutôt que d’un Busway entre Ans et Chênée. La demande de mobilité justifie certainement une telle option. C’est plus encore le cas si l’on prend en considération l’ensemble des développements potentiels le long de cette ligne.

Néanmoins, alors qu’il n’était déjà pas dans les plans des opérateurs de mobilité, ce scénario a encore pris un coup supplémentaire à la suite de l’abandon des extensions du tram.

En terme de justice spatiale, développer une ligne de tram le long de l’axe Ans Chênée avant les extensions de la ligne de vallée serait assez incompréhensible. Cela reviendrait à concentrer les investissements lourds sur le seul de la territoire de la ville de Liège tandis que la division entre une ville hyperconnectée et les communes périphériques se verrait renforcée. Une telle fracture viendrait s’ajouter aux griefs légitimes des communes de Herstal et Seraing suite à l’abandon des extensions.

Par ailleurs, ici aussi, le temps compte. Le scénario d’un moratoire sur le la ligne B1 pour mieux rebondir sur une ligne de tram ne tient plus la route. L’abandon des extensions du tram rend très improbable le fait de lancer des études sur une nouvelle ligne de tram dans les cinq années qui viennent. Ces études ne pourraient commencer, au mieux, qu’en 2030 et ce n’est pas aux liégeois qu’il faut expliquer qu’un délai de 10 ans entre le début des études  et la mise en service d’une ligne de tram est loin d’être excessif. Ceci nous amènerait, au mieux, en 2040 pour la mise en œuvre de cette ligne de tram, soit au moment où la transition vers la mobilité électrique devrait déjà être bien engagée.

La ville peut-elle attendre 2040 avant de mettre en œuvre les transformations attendues le long de la ligne B1 ? Reporter ainsi la transformation de la ville et de la mobilité serait tout à fait incompatible avec les échéances actuelles en matière de politique climatique, tant en terme d’atténuation que d’adaptation.

On devrait avoir rapidement la réponse à la question de savoir si la ville croit réellement en son Projet de territoire…

Références

GRE (2012). La Transurbaine Liège. Les Cahiers du GRE. Disponible sur gre-liege.be.
Transitec (2016). Étude de 14 axes bus structurants. Rapport interne.
GW (2019). Plan urbain de Mobilité de l’agglomération de Liège.
Liège (2018). Déclaration de politique communale du Collège communal 2018-2024. Disponible sur le site liege.be.
Liège (2024). Projet de territoire de Liège. Disponible sur le site liege.be.
Liège Métropole (2017). Schéma de Développement de l’Arrondissement de Liège. Disponible sur le site liege.be.

Conférences Projet Urbain 2024-25/1

Cycle de conférences organisé par l’Université de Liège / Faculté des Sciences Appliquées – Faculté d’Architecture – Faculté des Sciences, la Haute École Charlemagne, la Ville de Liège, For Urban Passion et le GRE – Liège.

Les conférences ont lieu en présentiel aux amphis Opéra.

Le masterplan de reconversion de Seraing: 20 ans d’expérimentation, quels retours, quelles perspectives ?  | Mercredi  16.10.2024
Valérie Depaye, ERIGES

En 2004, un premier masterplan était proposé pour la commune de Seraing. Cette démarche novatrice à l’époque a depuis lors été répliquée à de nombreuses reprises dans d’autres communes. Après 20 ans de mise en œuvre, il importe de revenir sur cette démarche, en comprendre la genèse, l’évolution, les difficultés rencontrées, mais surtout le rôle moteur dans la reconversion de Seraing. En 2003 et 2004, l’Agence d’architecture et d’urbanisme Reichen et Robert de Paris a insufflé une autre manière de concevoir l’urbanisme et le recyclage urbain en Wallonie. C’est également la première fois en Wallonie, que la notion d’opérationnalisation du projet urbain a débouché sur la mise en place d’une cellule communale entièrement dédiée à cet objectif, Eriges. Valérie Depaye, Directrice d’Eriges, reviendra sur ce parcours, cas d’école en Wallonie. 

La reconversion de la cidrerie Ruwet à Thimister moteur de changement d’un village  | Mercredi  06.11.2024 Bourmgestre de Thimister, Pluris, BAG                                                                           

Au cœur du Pays de Herve, la cidrerie Ruwet a laissé une série de bâtiments en friche au centre de Thimister. Un projet de reconversion privé a été l’occasion de repenser l’avenir de ce village, bien au-delà des limites de la friche. Un processus participatif a été mis en place pour accompagner la population à s’emparer de l’avenir du site. Par ailleurs, ce projet a été l’occasion de questionner les processus juridico-légaux planologiques pour opérationnaliser ce projet de réaménagement de la friche et du village. Le projet de reconversion de la friche est a présent terminé, mais le reste des interventions et aménagements envisagés se poursuivent avec d’autres temporailités.

Le SDC de Charleroi, quel projet de ville et d’avenir pour la Métropole ? | Mercredi  20.11.2024 
Xavier Mariage, XMU                                                                                                  

Charleroi s’est inscrite dans une dynamique de reconstruction de la ville sur la ville et d’amélioration du cadre de vie. De nombreuses réflexions ont déjà été menées par l’équipe du bouwmeester sur le devenir de la ville, les projets structurants, etc. Il importait de pouvoir redonner corps à la volonté communale en matière territoriale via un Schéma de Développement Communal. Ce SDC a été établi en prenant d’emblée en considération la nouvelle « doctrine » du Schéma de Développement du Territoire de Wallonie, envisagé sous l’angle du ZAN (Zéro Artificialisation Nette), du renforcement des centralités, de la ville du quart d’heure, etc. C’est sans doute le premier SDC qui correspondra aux nouvelles prescriptions du développement territorial en Wallonie. 

Les maisons des propriétaires seniors, une opportunité de logements à remobiliser. Quels processus d’accompagnement ? Focus sur l’expériences dans le BW  | Mercredi  04.12.2024 
Bénédicte Dawance, Maison de l’urbanisme du BW                                                                 

Dans le Brabant wallon, on dénombre plus de 8000 maisons dont les propriétaires occupants sont des seniors. Bien souvent, ces habitats ne sont pas adaptés à leurs besoins ergonomiques, bien trop éloignés des centralités et trop spacieux pour l’usage qui en effet. Pour certaines personnes, la maison apparaît désormais comme une contrainte. Cependant, quitter son logement pour un appartement répondant à leurs besoins et aspirations n’est pas une démarche aisée, vu leur âge et parfois leurs difficultés. La maison de l’urbanisme du BW a mis en place un long processus de concertation avec des seniors pour identifier les freins à un changement de logement et pour comprendre quel processus de facilitation pourrait être mis en œuvre. Les 8000 maisons représentent un potentiel immobilier important pour répondre aux besoins de familles plus jeunes tout en évitant une urbanisation extensive. Cet enjeu de l’adéquation immobilière aux besoins à tout âge va s’amplifier de plus en plus dans le cadre du ZAN en Wallonie. Cette démarche apparaît comme une piste intéressante pour nombreuses communes.

Le projet de ville de Liège, processus original et mise en place d’un SDC  | Mercredi  18.12.2024 
Renaud Kinet & Julie Strée, Département de l’urbanisme, Ville de Liège                                                                                   

La ville de Liège a pris le temps durant deux années de mener une réflexion approfondie sur son projet de ville, en suscitant l’éclairage de trois agences d’urbanisme, d’architecture et de paysage de renom afin d’identifier les éléments les plus pertinents du territoire, dans le cadre des actuelles réflexions urbaines. Ce processus s’inscrivait également dans une démarche de co-construction avec la population, avec des experts, etc. afin d’élaborer le plus communément possible un projet de territoire pour toutes et tous. Il s’agit d’une première expérience en Wallonie qui mériterait d’être reproduite dans d’autres contexte. Les recommandations des trois agences seront les fondements du futur SDC. La conférence sera l’occasion de revenir sur l’ensemble du processus.

Les conférences sont programmées de 18h à 20h et en accès libre. Salle Thiry du Complexe Amphis Opéra de l’Université de Liège. Entrée 35 Place de la République-Française, 4000 Liège. Contact : j.privot@uliege.be

Résumé des dates : 

  • 16/10 : Le masterplan de reconversion de Seraing: 20 ans d’expérimentations, quels retours, quelles perspectives ? Eriges: Valérie Depaye 
  • 06/11 : La reconversion de la cidrerie Ruwet à Thimister moteur de changement d’un village: le bourgmestre de Thimister, Pluris, BAG.
  • 20/11 : Le SDC de Charleroi, quel projet de ville et d’avenir pour la première Métropole Wallonne: XMU 
  • 04/12 : Les maisons des propriétaires seniors, une opportunité de logements à remobiliser. Quels processus d’accompagnement ? Focus sur l’expériences dans le BW. Bénédicte Dawance, Maison de l’urbanisme du BW.
  • 18/12 : Le projet de ville de Liège, processus original et mise en place d’un SDC: Renaud Kinet – Julie Strée Ville de Liège.

Conférences Projet Urbain 2023-24/2

Cycle de conférences organisé par l’Université de Liège / Faculté des Sciences Appliquées – Faculté d’Architecture – Faculté des Sciences, la Haute École Charlemagne, la Ville de Liège, For Urban Passion et le GRE – Liège.

Les visio-conférences sont organisées sur la plateforme Teams de l’ULiège.

Le Marché d’Intérêt National Montpellier Méditerranée Métropole
Olivier LAURO, Directeur Généra | Mercredi 28.02.2024, 18h-20h

Le MIN est établi à Montpellier depuis plus de soixante ans. Il s’agit d’une plateforme logistique alimentaire qui approvisionne plus de trois milles entreprises, commerçants, restaurateurs, ce qui génère annuellement plus de 175 millions d’euros de transactions. L’ensemble des installations s’étend sur plus de trente hectares et emploie 520 personnes. Cet organisme public s’inscrit dans une logique de centralisation, d’organisation et d’optimisation de la distribution des produits frais sur l’ensemble du territoire pour répondre aux besoins des marchés locaux et régionaux. Ceci permet de combiner une vision territoriale aux besoins alimentaires et en produits frais de qualité. Au niveau de l’Occitanie, le MIN de Montpellier, localisé au cœur de la région, permet aux professionnels locaux, collectivités locales, restaurateurs, commerçants de se fournir en fruits, légumes, viandes, poissons, produits laitiers, etc. Avec le développement des circuits courts alimentaires, le MIN est devenu un acteur majeur de l’évolution des pratiques territoriales. La conférence sera l’occasion de comprendre l’intérêt d’une telle infrastructure alimentaire globale et de mieux en percevoir les fonctionnements et développements.

La mobilisation de la société civile pour reconstruire la vallée de la Roya après la tempête Alex en France
Anouck MIGEON, Architecte | Mercredi 13.03.2024, 18h-20h

Au sein des Alpes-Maritimes en France, la tempête Alex a frappé durement la vallée de la Roya pendant la nuit du 2 au 3 octobre 2020. Elle a provoqué des inondations importantes et un traumatisme territorial manifeste dans cette vallée : glissements de terrain, infrastructures ruinées, bâtiments démolis, nombreuses pertes de vie, etc. Au-delà des démarches institutionnelles classiques post-crises, la société civile s’y est fortement mobilisée et a joué un rôle déterminant. L’architecte Anouck Migeon s’est fortement investie pour aider la population locale à comprendre les causes de cette catastrophe et appréhender les processus à mettre en place pour éviter de revivre ce type de situations. Avec Emmaüs Roya, la Fondation Abbé Pierre et Charlotte Debackere, un « Manuel pour comprendre la vallée de la Roya post-tempête Alex » a été publié. Cette mobilisation a mis en évidence que les femmes ont été plus impactées par cette catastrophe et que les inégalités de genre se sont amplifiées au sein des territoires plus ruraux pour l’accès au relogement et à l’emploi, pour la reconstruction, etc. Parmi les actions menées : la création d’un tiers-lieux rural porté par les habitants pour aider et accompagner la mise en place de processus exploratoires de reconstruction, d’aide à l’emplois, de développements culturels, etc.

Vienne : une politique de logement public pour faire face aux défis climatiques et économiques
Dr. Bojan-Lija SCHNABL, gestionnaires des projets stratégiques et affaires internationales à la ville de Vienne | Mercredi 27.03.2024, 18h-20h

La ville de Vienne est un exemple spécifique en matière de gestion du logement public. En effet, plus de soixante pourcents de la population vivent dans des logements municipaux ou des logements associatifs ou coopératifs. La ville de Vienne gère directement 220.000 logements, soit un quart du parc de logements viennois. Cette situation est héritée du début du 20° siècle, où l’influence communiste s’est traduite dans la création de milliers de logements municipaux dès 1923. Ce portefeuille de logements municipaux représente aujourd’hui un levier déterminant des politiques sociales, éducationnelles, économiques, etc. Ceci permet à la ville de Vienne d’impulser des stratégies d’adaptations face aux enjeux climatiques et environnementaux. Les logements municipaux à Vienne sont ouverts à un large public, dont la classe moyenne : plus de 75% des ménages viennois sont éligibles pour les logements municipaux. Les ménages précaires bénéficient de quotas leur assurant d’y être repris. En outre, la répartition des locataires est pensée afin de garantir une mixité sociale au sein de chaque immeuble, ce qui évite toute stigmatisation. Cette stratégie de logements ouverts à un plus grand nombre offre l’opportunité d’une stabilité financière équilibrée. La conférence sera l’occasion d’explorer ce modèle inspirant de gestion de logements publics dans toutes ses dimensions.

Le réseau de voies vertes de la Région Morges en Suisse
Charlotte BAURIN, Directrice, urbaniste à la Région Morges, Jean-Christophe BIRCHLER, Ingénieur civil, Infrastructures et Mobilité à la Région Morges | Mercredi 10.04.2024, 18h-20h

Dans le Canton de Vaud en Suisse, le projet de réseau de voies vertes vise à inscrire la mobilité parmi les différents territoires et paysages : ruraux, urbains, rurbains, etc. pour relier Lausanne, métropole suisse et d’autres communes alentours au sein de la Région Morges. Telle que décrite dans le Schéma Directeur de la Région Morges, « La voie verte correspond à un itinéraire partagé accueillant l’ensemble des mobilités douces, notamment : les réseaux cyclables et piétonniers, de loisirs et utilitaires, ainsi que les rollers et personnes à mobilité réduite (PMR). En tant qu’axe structurant, elle vise à faciliter les déplacements urbains utilitaires et la multimodalité des trajets dans Région Morges, mais surtout à proposer un cadre confortable, sécurisé et d’agrément pour les déplacements touristiques, sportifs, de loisirs ou d’apprentissage des enfants. La qualité des connexions aux réseaux environnants tout le long de son tracé doit également être assurée ». Au-delà de l’aspect structurant de ce réseau, reliant les points stratégiques de mobilité (gares, polarités de développement, etc.), une attention particulière est apportée à la qualité paysagère et à l’attrait touristique.

La politique des « brownfield convenant » mise en place en Flandre pour faciliter le recyclage des friches : le cas de l’Hertogensite à Leuven
Gert DE SMEDT, Coordinatrice des brownfield convenant, VLAIO (Agence flamande pour l’innovation et l’entreprise)
Erik VAN HOOF, Managing partner, Resiterra | Mercredi 17.04.2024, 18h-20h

Afin de faciliter la reconversion des friches sur son territoire, la Flandre a mis au point le principe de « convention de friches » (brownfield convenant). Le « brownfield convenant » est un contrat de droit civil entre le Gouvernement flamand, les développeurs de projets et les autres parties concernées qui régit le cadre dans lequel les partenaires publics et privés travaillent ensemble pour réaménager les friches. Ce cadre contractuel est un levier très important pour la reconversion des friches, car il apporte une sécurité dans le processus du projet et évite qu’une administration impose pendant de l’analyse du permis des demandes non abordées lors du processus de conception. Il en va de même de pour les développeurs (privés ou publics) qui doivent s’en tenir au projet défini en commun. Cette approche est balisée juridiquement et fait partie intégrante des pratiques de redéveloppement urbain en Flandres. Elle réduit fortement les incertitudes de tout développeur privé ou public dans leur démarche de projet, d’où son intérêt. A ce jour plus de 200 friches ont été redéveloppées dans le cadre de ce processus spécifique. Le cas illustrant ce processus sera l’Hertogensite à Leuven : cet ancien site hospitalier de plus de six hectares en centre-ville fait l’objet d’un grand projet de reconversion avec des logements, centre culturels, services de soins, etc. La Dyle est également remise en évidence au sein d’un parc urbain. L’Hertogensite est redéveloppé par Resiterra.

Les conférences sont programmées de 18h à 20h, en accès libre sur Teams. ID de la réunion : 343 062 220 769
Contact : j.privot@uliege.be

Résumé des dates

  • 28 février: Le Marché d’intérêt national de Montpellier
  • 13 mars: La mobilisation de la société civile pour reconstruire la vallée de la Roya après la tempête Alex en France
  • 27 mars: Autriche, Vienne: politique de logement public pour faire face aux défis climatiques et économiques
  • 10 avril: Le réseau de voies vertes de Morges en Suisse
  • 17 avril: La politique des « brownfield convenant » mise en place en Flandre pour faciliter le recyclage des friches: le cas de l’Hertogensite à Leuven